Golden parachutes

Publié le par Fred

Après Nicolas Sarkozy, c'est son compère Arnaud Lagardère qui s'émeut de la pratique des Golden Parachutes, affirmant qu'il n'encaisserait pas le chèque qui lui est d'ores et déjà promis à son départ et réclamant une législation européenne pour les faire interdire. Ils ont bon dos les "patrons voyous", ces marginaux irresponsables coupables de discréditer l'économie de marché en la détournant à leur seul profit. Mais refuseriez-vous d'encaisser un chèque de 8 millions d'euros établis à votre nom ? Je ne le pense pas, et c'est pourquoi les vrais coupables sont à rechercher du côté de ceux qui ont signé ce chèque :

Un petit tour sur le site d'EADS vous rappelle qu'il existe un pacte d'actionnaires, dans lequel l'Etat Français (c'est à dire le gouvernement qui soutient monsieur Sarkozy) et Arnaud Lagardère détiennent un tiers du capital. Autant dire qu'à moins que les petits porteurs et les Allemands (dont on ne peut pas dire qu'ils furent conquis par la nomination du très chiraquien Forgeard) aient décidé d'imposer en force cette rémunération exceptionelle, rien ne se fait sans - et encore moins contre - l'avis de l'UMP et de son allié médiatico-industriel.

Soucieux de réaliser le grand écart entre ce discours populiste de dénonciation des puissants et son projet qui les brosse dans le sens du poil (bouclier fiscal...), Nicolas Sarkozy a d'ailleurs dit sur France 2 vouloir interdire les golden parachutes, mais trouver d'autres moyens de récompenser le risque que prend ceux qui en bénéficient. Mais de quel risque parle-t-on ? Prend-on un risque lorsque l'on est grassement récompensé de ses échecs ? Prend-on un risque lorsque l'on hérite des plus grandes entreprises de France, au mépris de la démocratie d'entreprise ? Prend-on des risques lorsque l'on gère l'actif des actionnaires avant le développement de l'activité ? Prend-on des risques lorsque le contribuable aide 13 fois plus (65 milliards) ces grandes entreprises que des rmistes (5 milliards) traités d'assistés par le candidat Sarkozy ?

C'est précisément parce qu'en France, le capitalisme familial s'est accomodé de la financiarisation mondialisée, en acceptant les droits sans les devoirs, que le risque disparaît de notre modèle économique. Et c'est pourquoi le pacte présidentiel affirme que s'il est un risque à soutenir, c'est celui de la création. Nous remettrons à plat le système de subventions sur une base contractuelle, pour qu'elles servent à la recherche-développement, à la formation des jeunes et à l'évolution des carrières. Nous allègerons les impôts des entreprises qui investissent dans leur avenir, et pénaliserons celles qui se content de rémunérer leur capital. Nous créerons des fonds capital-risque gérés par les régions pour stimuler la créativité. Nous mutualiserons les risques de la création d'entreprise pour sécuriser les PME...

C'est par la convergence des intérêts des entreprises et ceux des salariés que nous rénoverons le pacte social, rétablirons la confiance et retrouverons l'ambition d'une croissance durable et partagée.

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