C'était un canular

Publié le par Fred

Eric Besson a vendu la mèche... Rallié à Nicolas Sarkozy, le député ex-socialiste a avoué, lors du meeting du candidat UMP à Dijon, que nous avons orchestré sa "diabolisation" avec pour objectif de "faire peur" puisque nous ne pouvions le battre à la loyale. C'est vrai. Nous avons pour cela fait appel à Nicolas Canteloup (Gérald Dahan était déjà pris) qui a imité Sarkozy pour des impostures restées mémorables...

C'est nous qui avons inventé le "kärcher" et la "racaille", nous qui avons accusés les défunts Ziad et Bouna de "tentative de cambriolage", et les jeunes de Clichy d'avoir "volé" la grenade lacrymogène lancée sur la mosquée.

C'est nous qui avons repris "la France que l'on aime ou que l'on quitte" et avons déclaré que les mots de "préférence nationale" ne devaient pas être tabous. Nous qui avons organisé des arrestations devant les écoles, et déclaré que les étrangers qui séjournent en France sont "ceux dont personne ne veut dans le monde". C'est toujours nous qui avons dit que les campements forains avaient "trop de voitures de luxe et pas assez de gens qui travaillent".

C'est nous qui avons fait voter le "rôle positif de la colonisation", et rappelé récemment que nous devions nous enorgueillir d'un colonialisme "civilisateur, et très peu dominateur". C'est nous qui associons immigration et identité dans un même ministère, et tirons fierté de ce que la France n'a pas, elle, "inventé la solution finale".

C'est nous qui voulons ficher les "actes d'incivilité dès l'âge de 3 ans", juger les mineurs comme des adultes, remplacer l'individualisation des peines par des plancher, supprimer les suspensions de peines pour raisons médicales, contrôler le travail des magistrats et lever le secret professionnel des avocats.

C'est nous qui avons convoqué un éditeur pour l'empêcher de sortir le livre de sa femme, nous qui avons viré le patron de Match qui avait publié une photo d'elle, nous qui avons appelé Rotchild pour lui demander de contrôler ce qu'écrit Libération au motif que "c'est son argent", nous qui lui avons fait dire qu'être contre lui, c'était "être contre l'opinion publique".

C'est nous qui voulons supprimer les droits de successions pour bâtir une société où l'on ne se donne que la peine de naître. Nous qui parlons de la "perversité" de l'ISF, nous qui voulons un bouclier fiscal pour les plus riches, et augmenter le coût de la santé pour les autres. C'est nous qui voulons remplacer le CDI par un contrat unique sur le modèle du CNE, où le droit du travail serait progressif. Nous qui avons déclaré qu'un minimum social ne devait pas être un acquis.

Rien de tout cela n'était vrai, ce n'est pas le projet de Nicolas Sarkozy, ce n'était pas ses actes et paroles. C'était un canular. Il va protéger la veuve et l'orphelin, dormez tranquilles, "honnêtes gens"... mais ne vous réveillez-pas trop tard : le sarkozysme appartient à ceux qui se lèvent tôt.

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