Et si on reparlait d'Europe ?

Publié le par Fred

Tremblement de terre : les candidats qui ont soutenu le "oui" lors du référendum du 29 mai 2005 ont obtenu plus de 75% des voix. Je ne pense pas que l'on doive s'en réjouir trop tôt, tant l'Europe a été absente de la campagne, et l'identité nationale au coeur de celle-ci. Le futur président sera pourtant en charge de la relance du processus européen dès l'année prochaine, et le moins que l'on puisse dire est qu'ils divergent sur la stratégie à adopter.

Pour Nicolas Sarkozy, le problème est relativement simple : puisque les opposants au traité constitutionnel ont principalement invoqué le "titre III" des politiques économiques et sociales de l'Union, il suffit de les sortir du traité et de ratifier celui-ci au parlement. En six mois, tout serait réglé. Bien sûr, les dipositions contestées continueraient bien sûr de s'appliquer dans le cadre des traités précédents, mais ce n'est pas bien grave, puisque le peuple n'aura pas son mot à dire sur l'interprétation sarkozienne de son vote...

Voici précisément ce que Ségolène Royal entend empêcher. Pour elle, l'échec du référendum repose avant tout sur la défiance envers une Europe qui s'est construite sans le peuple. Tandis que d'autres font de la nation une identité de toute éternité qui serait menacée par "l'autre", elle l'envisage comme un "vouloir vivre ensemble" qui doit être transposé au niveau européen si l'on veut la doter d'un visage politique. On ne réussira pas l'Europe sans devenir Européens.

Cette confiance en "l'Europe par la preuve", elle entend la rétablir par le lancement de projets collectifs sur la recherche, l'innovation, l'énergie et l'environnement. Négocier une directive cadre sur les services publics, et un protocole social qui établisse des droits au niveau européen, notamment en matière de délocalisations. Alors seulement, lorsque l'Europe réprésentera un progrès économique et une protection sociale tangible pour les citoyens, il sera possible de relancer le projet d'union politique qui reste le nôtre.

A première vue, elle est celle qui fait le plus de concessions au "non". Mais si elle a su l'entendre, c'est pour redonner souffle et ambition au projet fédéral, là où la vision de Sarkozy se limite au grand marché. C'est là un point essentiel de convergence avec un centre dont le candidat déclarait, le 28 mars : " La méthode de Nicolas Sarkozy de passer par un mini-traité pour relancer l’Europe, cela va fragiliser l’Europe, car on la laissera entre les mains d’un monde de technocrates qui ne parlent pas la même langue que les gens."

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