Aggiornamento
Le verdict des urnes est sans appel : les Français ont jugé que Nicolas Sarkozy était celui qui répondait le mieux à leur demande de changement, je lui souhaite bonne chance et courage pour ne pas les décevoir.
Je n'aime pas les chasses aux sorcières. Les causes de notre défaite ne sont pas à chercher du côté de notre candidate, des supposées tensions entre les "éléphants" ou de la qualité de notre campagne. Rassembler 9 millions de Français au premier tour et 17 millions au second tour est au contraire une performance rarement atteinte par la gauche à une élection présidentielle.
Mais c'est aujourd'hui insuffisant, et ce pour une raison très simple : la droite a su faire mieux, rassembler plus largement qu'à son habitude, autour des valeurs d'autorité, de mérite ou de travail incarnées par Nicolas Sarkozy depuis 5 ans. Nous sommes aujourd'hui face à une droite "décomplexée" sur un modèle espagnol ou italien, et qui a réalisé sa part de la bipolarisation de notre vie politique. A nous d'en tirer enfin les conséquences, comme ont su le faire le PSOE de Zapatero ou la coalition de Prodi, pour construire une véritable alternative sociale-démocrate.
La défaite d'hier était écrite depuis le 21 avril 2002, dès lors que nous n'avons pas su saisir l'opportunité de rénover profondément notre philosophie et nos propositions. Tandis que l'UMP plebicitait son président, nous investissions la candidate qui apparaissait comme la plus éloignée du parti : quel aveu d'échec pour celui-ci. Ségolène Royal a eu l'immense mérite d'initier durant sa campagne l'aggiornamento que nous défendons autour de DSK depuis 5 ans. J'espère que nous saurons nous entendre sur le fond pour rénover profondément le parti socialiste, et régler les questions de personnes en leur temps.