Fracture générationnelle
Puisque le commentaire de sondages a remplacé depuis plusieurs semaines l'analyse critique des projets, j'y cède aujourd'hui pour me concentrer sur un point extraordinairement frappant, mais jamais abordé. Je veux parler de la structure sociologique des intentions de vote, et plus particulièrement de l'impact de l'âge. Bizarrement d'ailleurs, les instituts ne publient plus ces données, et il m'a fallu remonter au 27 avril pour les trouver dans un sondage Ifop/M6/JDD...
Intentions de vote au second tour de l'élection présidentielle :
| Classe d'âge | Royal | Sarkozy |
| 18-24 ans | 53 | 47 |
| 25-34 ans | 54 | 46 |
| 35-49 ans | 56 | 44 |
| 50-64 ans | 51 | 49 |
| + de 65 ans | 25 | 75 |
On savait les plus agés enclins à voter à droite. On sait moins qu'ils sont aujourd'hui les seuls. On comprend mieux à cette lumière le discours sarkozyste sur la "liquidation" de mai 68", sans doute plus ciblé que le "travailler plus pour gagner plus", qui semble ne convaincre que les moins concernés...
Sans sombrer dans le dénigrement ou le jeunisme (encore que si l'on considère que la jeunesse va jusqu'à 64 ans, ca pose moins de problème), il faudra bien que l'on se penche un jour sur les causes et les réponses à apporter à cette immense fracture générationnelle qui se creuse.