"Uniforme et autoritaire"...

Publié le par Fred

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai un drôle d'impression concernant cette réforme du "travailleur plus pour gagner plus". Comme s'il manquait quelque chose ou qu'un truc sonnait faux... Enfin, c'est que je m'y étais habitué, moi à la rhétorique sarkozyste sur les 35 heures. Il avait déjà plaidé son "travailler plus" en 2002, et malgré 5 ans de pouvoir UMP et deux lois successives déjà censées assouplir ce fameux carcan qui conduit notre pays à la ruine et nos chefs d'entreprise à s'immoler par le feu, il nous a refait le coup. Penser qu'après l'été, la droite aura définitivement perdu 10 ans d'arguments déclinistes, ça me fait quand même quelque chose.

Mais si, souvenez vous... souvenez-vous de cette atroce loi Aubry. Je cite c'est trop beau : "les lois socialistes imposant les 35 heures d'une manière autoritaire, uniforme pour toutes les entreprises sur tout le territoire.", " "un suicide économique et social" où, "le problème, c'est les 35 heures comme maximum". Qu'importe finalement que chacun puisse voir que l'un avait 15 jours de RTT, un deuxième son mercredi après après-midi, un troisième une heure chaque jour et un cinquième une annualisation à 38 heures l'hiver et 34 l'été... Qu'importe que la variété des accords qui ont été signés ont permis aux entreprises de mieux adapter le temps travaillé à leur marché, que leur productivité a augmenté, et quelles consomment aujourd'hui moins d'heures supplémentaires. Qu'importe d'ailleurs que ces heures existent et que la loi n'a pas modifié le temps de travail maximum, qui n'est pas de 35h mais de 48 h... Non, l'important c'était d'ancrer dans les consciences que c'était uniforme et autoritaire, presque le goulag.

Après la défaite des socialo-communistes en 2002, le ministre Fillon a rendu toute sa place au dialogue social en remplaçant la majoration "uniforme et autoritaire"  de 25% par celle de "au moins 10%". Le même inscrivait d'ailleurs dans la loi de 2004 qui porte son nom l'obligation de négociation avant toute réforme en matière sociale. Le "centralisme démocratique", c'était bel et bien fini ! D'alleurs, quand le chiraquien Villepin qui l'avait viré comme un malpropre (lui qui n'avait même pas eu le courage de se prendre la même rouste électorale que Fillon aux régionales), a oublié cette obligation pour imposer son CPE, le sénateur de la Sarthe ne s'est pas privé de le lui reprocher, et de promettre qu'avec Sarkozy, on romprait enfin avec ces méthodes d'un autre temps.

Mais voilà, les bonnes choses ont une fin, et comme le dit le nouveau premier ministre, "il ne restera plus grand chose des 35 heures". L'arrêt de mort a été bouclé : suppression des cotisations sociales et de lIR sur les heures sup' pour les salariés à 35 heures, après le 218eme jour pour les cadres et limités à 10% du temps contractuel pour les temps-partiels. Ca a été négocié avec les partenaires sociaux ? Il y aura des accords de branche pour fixer des contingents ou déterminer sur quelle période de référence on comptabilise ces heures ? Ben non, c'est comme ça et pas autrement. D'ailleurs, le victoire de Nicolas sarkozy rendrait toute contestation sociale "illégitime" paraît-il.

Ah oui, ca me revient maintenant, c'est ça qui cloche... "uniforme et autoritaire".

Publié dans Politique

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romain blachier 07/06/2007 15:16

c'est en plus axssez drole ce dogmatisme car lorsqu'on voit les chefs d'entreprises, ils se plaingnent des 35 heures de façon théorique mais dans leur pratique de trvail la chose leur pose peu de soucis