Découpage électoral

Publié le par Fred

Ne rêvons pas : la gauche ne gagnera pas les élections législatives le 17 juin prochain. Mais elle peut ne pas les perdre, comme l'indiquent les premières projections en siège réalisées par BVA. Dans cette hypothèse, le PS obtiendrait en effet 158 à 200 députés (contre 150 aujourd'hui) tandis que l'UMP en disposerait de 288 à 344 (pour 360). Compte-tenu du score réalisé par Nicolas Sarkozy dimanche, de la dynamique d'une victoire autrement plus significative que celle de Jacques Chirac en 2002, de l'effondrement du Front et de la traditionnelle "prime au sortant", cette progression de la gauche paraît inespérée. Elle repose toutefois sur une explication simple : le découpage électoral.

Dans un système majoritaire comme le nôtre, il n'est pas impossible de remporter une majorité de sièges avec moins de voix que l'adversaire (voir l'exemple sur Wikipedia). C'était d'ailleurs l'objectif du découpage actuel réalisé par Charles Pasqua et qui a fonctionné pleinement depuis 20 ans : les victoires de la droite se traduisant en "chambres introuvables" (1993, 2002) tandis que celles de la gauche ne donnaient qu'une majorité relative (1988) ou n'étaient possibles que grâce à un grand nombre de triangulaires (1997). Mais c'était sans compter sur l'évolution de la sociologie territoriale, qui semble vouloir prendre la droite à son propre piège :

Première explication : le regroupement de bastions gauche - cités ouvrières ou quartiers populaires - a été largement utilisé pour mieux canaliser leur vote dans un minimum de circonscriptions. Mais la population de ces territoires a sensiblement décru au cours de ces années, de telle sorte qu'un faible nombre de voix suffira à faire élire des députés socialistes. Dans le Rhône, Ségolène Royal a par exemple réalisé 55% des voix dans la 14è avec 21 000 suffrages, alors qu'elle ne fait que 41% dans la 13e voisine avec plus de 30 000 voix...

Deuxième explication : les villes moyennes de gauche, le plus souvent noyées dans un découpage rural acquis à la droite, ont gagné en population pavillonnaire et produisent aujourd'hui des fiefs de droite avec un grand nombre de voix électoralement improductives (entre 10 et 20 points au dessus des 50%). La 9e circonscription du Rhône répond par exemple à cette logique, avec 90 000 inscrits (25% de plus que la moyenne) votant Sarkozy à 65%.

Enfin, le charcutage des grandes villes (le 3e arrondissement de Lyon est par exemple à cheval sur 3 circonscriptions...) permettait à la droite d'y faire un "grand chelem" en contrebalancant le vote des ZUP par celui des quartiers aisés. Or ceux-ci, on l'a vu à Paris depuis 2002 et dans beaucoup de grandes villes dimanche, ont été investis par des "bobos" de gauche permettant la bascule de ces centre-ville. S'il était confirmé en juin, ce phénomène coûterait son siège à l'UMP Hamelin, déjà impuissant à faire venir Sarkozy sur sa Croix-Rousse élective...

Au total, si les législatives avaient eu lieu dimanche, 4 députés de gauche auraient été élus avec 26 000 voix recueillies sur leur nom en moyenne, contre 38 000 pour les 10 députés de droite. C'est bien l'inverse de l'objectif de pasqua, même si on reste loin du découpage le plus juste, puisqu'une proportionnelle produirait 6 députés de gauche contre 8 de droite. Reste que ces projections reposent sur une incertitude : la participation des jeunes et des quartiers qui a massivement profité à la à gauche. Ce sera la clé du scrutin de juin : ne pas oublier le chemin du bureau de vote.

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Marie 08/01/2010 15:18


Bonjour,

Je milite au PS et je vous invite tous a aller soutenir Jean Jack Queyranne pour les elections regionales de 2010 en Rhone Alpes sur http://www.uneregion-davance.fr


Griffon Lyonnais 29/07/2009 16:23

Selon les savants calculs d'Alain Marleix, docteur ès découpage électoral, cette nouvelle configuration séparerait Saint-Priest ent deux circonscriptions, mais réunirait le canton de Limonest dans la 5ème circonscription et celui d'Ecully dans la 8ème.
Le PS et le PCF ont beau jeu de faire gonfler la polémique sur le coup de ciseaux qui va instaurer une fracture Est/Ouest de la commune de Saint-Priest. En effet, la logique des deux autres refontes s'appuie, en principe, sur une meilleure lisibilité du territoire en regroupant des cantons disloqués alors que pour Saint-Priest, on descendrait au niveau des bureaux de vote. C'est totalement ubuesque dans le paysage politique actuel mais, pour le coup, s'entend raisonnablement dans la logique d'une métropole lyonnaise où il conviendra de redéfinir les frontières nouvelles sous-entités territoriales (regroupements hybrides entre arrondissement et commune de plein exercice).
Néanmoins, il convient de rappeler que, lors du découpage Pasqua de 1986, le défunt Jean Poperen (ancien Ministre et ancien Député Maire de Meyzieu) avait reçu la commune de Saint-Priest en échange de Bron et Vaulx-en-Velin, aujourd'hui dans la 7ème circonscription, tenue par Jean-Jack Queyranne (PS).

makhno 11/05/2007 17:42

"Ce sera la clé du scrutin de juin",.Si vous me le premettez, j'en connais une autre de clef.
J'entends (nous entendons, car je ne suis pas le seul), des "bruits" parfois un peu étranges du côté du PS ces jours ci. On y parle de "tabous" qu'il faudrait faire choir, on nous promet qu'après les élections (bien entendu), on "fera table rase", le tout en louchant fortement du côté de Bayroudoudou, bref, on essaye encore une fois de nous prendre pour des c..., pardon des malcomprenants.
Qaudn je dis nous, je parle évidemment de cet extrême gauche tellement ringarde et dépassée (à vos yeux), mais dont vous ne dédaigneriez pas le cas échéant d'accepter encore une fois les voix, avant de passer à autre chose.
La fameuse "discipline républicaine" risque d'en prendre un bon coup sur la carafe cette fois et quant à moi, je m'y refuserai absolument si le ou la candidate réformiste se retrouvant éventuellement en tête de la gauche au deuxième tour, ne s'engage pas solennellement devant les électeurs à ne participer à aucune combinaison avec le "centre" une fois élu(e).
Vous parliez de clefs, je vous prête la mienne, de bon coeur.
Cordialement