Lexomil-mil

Publié le par Fred

Sur le fond de ce qui a été dit, le débat a été à la mesure de ce que nous pouvions attendre des candidats. Nicolas Sarkozy a voulu se montrer très précis, détaillant à la virgule près un projet qui laisse peu de place à la concertation, méprisant le dialogue social décrit comme "une absence de réponse", affichant des convictions idéologiques marquées en faveur "d'un pays de propriétaires" ou pour rappeler que "nous ne voulons pas des Turcs". Ségolène Royal s'est voulue plus ouverte, se contentant de fixer une stratégie globale de croissance (PME, innovation, invetsissement, formation), dont les modalités concrètes restent à négocier dans le cadre de la démocratie sociale, territoriale et participative.

Cette différence fut flagrante notamment sur la question énergétique et l'EPR. Tandis que le candidat de l'UMP assume le choix du gouvernement d'autoriser la construction de l'EPR à moins d'un mois d'une élection cruciale, la candidate socialiste estime qu'il s'agit là d'un enjeu de société qui engage plusieurs générations, et doit s'appuyer sur le débat public pour savoir s'il est bien légitime d'engager un 2e prototype de 3e génération ou si l'on doit plutôt investir d'ores et déjà dans l'avenir de la technologie.

Mais la forme a montré un profond décalage et le contre-emploi de ce qui était annoncé. Ségolène est apparue déterminée, n'a jamais quitté son adversaire des yeux, le forçant d'entrée de jeu à assumer sa "part de responsabilité" dans le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin, pointant les écarts insupportables entre son discours compassionnel et les actes de sa majorité pendant 5 ans. Sarkozy, visiblement très soucieux de se maîtriser, a semblé rapetisser de minute en minute, à partir de l'heure de débat. Fuyant la socialiste du regard, regardant le plus souvent vers la table, appelant PPDA à la rescousse pour constater que la dame était méchante avec lui.

Nous avions à l'écran une présidente qui dénonce les injustices et décrit les valeurs qui conduiront son action, face à un premier ministre s'excusant de détailler timidement son catalogue de mesures. Lexomil-mil ?

Publié dans Politique

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Fred 03/05/2007 23:52

J'ajoute le très bon billet de Jean-Jack sur le débat ;-)
http://www.jjqueyranne.fr/blog/index.php?2007/05/03/136-la-volonte-est-de-son-cote#co

Bert 03/05/2007 23:11

Oui Fred, merci de ton analyse tellement proche de ce qu'on a pu ressentir hier soir ! Putain pourvu qu'on soit pas les seuls à avoir décrypté correctement... Bises (quasi)-socialistes