La 2e des 100 propositions

Publié le par Fred

Comme pour mieux faire taire les suspicions, nous avons décidé, avec mes camarades "Strauss-Kahniens" du Rhône, de faire la défense et l'illustration des propositions du pacte de Ségolène Royal, pour mieux souligner que son projet est aussi le nôtre. Voici donc le texte que je leur ai soumis.

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Proposition 2 du pacte présidentiel : Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l'avenir et de réduire les risques de délocalisation, avec la création d'une Agence nationale de réindustrialisation.

Position centrale sur les grands itinéraires économiques en Europe, qualité des infrastructures de transport, sécurité des approvisionnements énergétiques, niveaux de formation et de productivité performants, les atouts de notre pays confortent année après année sa place sur le podium des pays les plus attractifs pour les investisseurs. Une position qui n'a toutefois pas empêché la droite d'affaiblir sa compétitivité et d'établir un déficit record de la balance commerciale.

Si les entreprises étrangères plébiscitent la France, les groupes du CAC40 réalisent désormais l'essentiel de leurs profits à l'étranger, et en redistribuent près de 40% - record historique - à leurs actionnaires. Soumis à un objectif de 20% de rentabilité alors que la croissance mondiale atteint 5%, ils dégagent ces marges au détriment des salaires et de l'investissement, privilégiant les délocalisations à la création durable de richesses.

Face à ces délocalisations, Sarkozy et Bayrou ne jurent que par la baisse du coût du travail, et rêve de concurrencer la Chine sur les industries à faible valeur ajoutée, sans voir que cette dernière forme d'ores et déjà plus d'ingénieurs que nous et s'engage massivement sur le secteur des services. S'inscrivant dans la droite ligne de DSK lorsqu'il parle de "compétitivité-produit", Ségolène Royal entend replacer l'investissement et l'innovation au coeur de la machine économique : modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction du bénéfice réinvesti, réorientation des aides publiques, renforcement des universités, mutualisation du risque de création d'entreprise...

Mieux encore, elle fait sienne l'idée d'une agence de réindustrialisation pour soutenir les territoires fragilisés par la mondialisation. C'est au niveau du bassin d'emploi que les délocalisations produisent les plus grand déséquilibres (suppression d'emplois direct, endettement des ménages, baisse de l'activité des fournisseurs, disparition des commerces...) et c'est à ce niveau qu'il faut d'abord produire une réponse adaptée, pour renverser le lien de dépendance entre l'entreprise et le territoire sur lequel elle s'inscrit. Comment anticiper l'évolution des compétences dans les secteurs économiques du territoire ? Comment produire dans la région les innovations stratégiques pour son avenir ? Comment mutualiser les investissements dans le tissu de PME ? Comment optimiser l'organisation spatiale de l'activité ? Quels partenariats établir au niveau régional ou interrégional ? Quelles leçons tirer d'autres stratégies territoriales, en France ou en Europe ? Autant de questions cruciales où cette agence, véritable partenaire de la compétitivité des collectivités, pourra apporter un éclairage et étudier des solutions.

Les précédentes révolutions industrielles ont produit de grands bouleversements de l'organisation de notre espace économique. A l'heure de la mondialisation et de l'économie de la connaissance, on ne peut faire faire l'impasse sur le socle territorial qui engagera la France dans un modèle de développement durable pour le XXIe siècle. C'est aujourd'hui à gauche, sans doute parce que le libéralisme est obsédé par le court-terme, que se créent les outils de ce vaste chantier.

Publié dans Economie - Social

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