Mourir et renaître ensemble

Publié le par Fred

Bien sûr, il n'existe pas de belle défaite. Mais celle-ci est d'autant plus amère qu'elle marque la fin d'une époque et de la génération qui nous aura précisément appris que seule la victoire était belle. Je ne veux pas revenir sur le coup de sang de "Zizou", que je relativise un peu plus à chaque heure qui passe (bien aidé en cela par le best-of de Materazzi qui circule aujourd'hui sur le net), ni sur cette séance de tirs aux buts qui n'apporte finalement rien de plus que le tirage à pile ou face, excepté peut-être un sentiment de culpabilité... Mais l'immense tristesse qui a accompagné le dernier de ces tirs et qui reste aujourd'hui perceptible est à la hauteur de l'euphorie qui nous a unis quelques semaines durant. Un peuple communie dans la joie, un peuple communie dans la peine : nous avons vécu et sommes morts avec eux.

Avec eux, parce que je crois qu'en France, peut-être plus qu'ailleurs, la ferveur populaire s'adresse aux hommes avant d'être l'expression d'un patriotisme exacerbé. 10 ans durant, cette équipe de France a porté les noms de Zidane, de Thuram et de Barthez. Avec Henry, Vieira, Trézeguet ou Wiltord, ils nous ont offert les plus belles émotions sportives de l'histoire de ce pays et forcément, cela crée des liens. C'est je crois pour cela, pour les remercier, que nous rêvions tant de les voir accrocher à jamais cette deuxième étoile ; ils nous avaient offert la première, nous voulions que celle-ci soit d'abord la leur.

Mais au-delà de la déception, je retiens l'espoir né de cet exceptionnel parcours face aux toutes meilleures équipes du monde. Bien sûr, Thuram, Makélélé et Zidane demeurent aussi irremplaçables qu'il y a deux ans. Mais on est très loin du champ de ruines laissé en 2004 par une équipe sans âme, sans identité et tiraillée par les tensions entre ses stars. Vieira, Henry et Sagnol ont confirmé qu'ils étaient des références mondiales à leur poste tout autant que des meneurs d'hommes ; ils encadreront des Gallas, Abidal, Malouda et Ribéry qui ont acquis une expérience et une nouvelle dimension qui leur sera précieuse ; derrière, à chaque ligne, des talents aux noms aujourd'hui exotiques pour le grand public, les Saha, Diarra, Cheyrou, Mexès, Malbranque, Toulalan, Rio Mavuba, Réveillère, Givet, Evra, Le Tallec, Sinama-Pongolle et quelques autres ne demandent qu'à éclore au grand jour. Ils profiteront de l'inestimable leg des anciens : un collectif et un état d'esprit qui est l'empreinte des grandes nations. C'est d'abord pour cela que nous devons aujourd'hui les remercier.

C'est la fin d'une parenthèse sportive qui a accéleré le coeur et ralentit le souffle de tout un pays... et de ce blog. Vous pouvez désormais reprendre une activité normale.

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Bert 18/07/2006 22:23

Ah eh bien ça me fait plaisir de te lire, après t'avoir perdu de mes écrans radars dimanche 9 juillet vers 22 h45...  c'est amusant il semble qu'on ait été nombreux à finir pas excuser le yaz, même s'il reste un mystère sans doute pour toujours. Merci de cette nouvelle incursion "culturelle" et bonnes vacances !

Mila 13/07/2006 13:56

Bel hommage... La porte est grande ouverte, en effet...