Pourquoi je soutiens DSK

Publié le par Fred

Comme vous l'avez peut-être remarqué, la colonne de gauche de ce blog s'est récemment orné d'une vignette en faveur de la désignation de Dominique Strauss-Kahn comme candidat des socialistes. Cela ne signifie nullement que "Et Maintenant ?" soit amené à devenir un site de soutien qui reprendrait à son compte l'ensemble de ses propositions. Il en existe de très bons, dont la liste est communiquée par DSK lui-même et à laquelle j'ajouterai celui d'Alice, fidèle lectrice ici. Non, "Et Maintenant" restera lui-même, par fidélité envers vous qui me faites l'honneur de porter quelque intérêt aux propositions que j'y formule.

Mais à l'heure de faire des choix, il me semble que l'on ne peut se contenter de la faillite de la droite pour ramasser les miettes d'une France qui semble douter de tout et en premier lieu d'elle-même. Cette France, il nous faut aujourd'hui la remobiliser autour d'un projet positif pour l'avenir, et qui passe selon-moi par une révolution dans le modèle de pensée à gauche. J'en ai déjà dessiné quelques axes :

1- Il faut rompre avec l'idée que le progrès doive s'imposer d'en haut, et reconstruire notre capacité de réforme par l'approfondissement de la démocratie locale et de la démocratie sociale. Cela doit nous conduire à promouvoir un Etat stratège, qui dessine un cap à long-terme, fixe des objectifs intermédiaires et créé les conditions incitatives pour y parvenir.

2- Il faut rompre avec l'intégrisme laïc, assimilationniste et républicain, et promouvoir une démocratie où le "vouloir vivre ensemble" se nourrisse de différences assumées qui font la richesse de la société française.

3- Il faut rompre avec une opposition stérile à l'économie de marché et à l'entreprise, qui reste le meilleur moyen de production de richesses. Cela ne signifie pas que l'on doive se contenter d'en corriger les effets négatifs, mais au contraire avoir l'ambition de la transformer par un partage juste et durable entre consommation, investissement et profits, et d'y conquérir de nouveaux droits.

4- Il faut rompre avec la peur de la mondialisation, et rejeter tant la fuite en avant libérale vers le "toujours moins" que la tentation suicidaire de bâtir des murailles pour protéger nos acquis. Il nous faut affirmer que la France a de nombreux atouts pour affronter ce nouveau contexte, approfondir et optimiser ces facteurs de compétitivité.

5- Il faut rompre avec un productivisme qui conduit l'humanité dans le mur. Cela passe par une nouvelle politique énergétique, mais également par l'ambition d'agir concrètement sur l'organisation territoriale de notre appareil de production.

6- Il faut rompre avec une vision "humanitariste" du tiers-monde, et donner aux pays du Sud les moyens de vivre de leur travail pour entrer dans le cercle vertueux du développement. Cela passe par une réforme des règles du commerce mondial, et par une revalorisation des migrations.

7. Il faut, enfin, rompre avec l'illusion que nous serions capables de faire tout cela seuls. L'Europe doit être conçue comme l'outil de notre puissance future, seul échelon où les gauches peuvent construire un nouveau modèle de croissance.

Il nous faut donc "changer la gauche, pour changer la France", l'Europe et le monde. La révolution sociale-démocrate a besoin d'une vision, et d'un homme ou d'une femme qui soit le porteur de cette vision. Cet homme, pour moi, c'est DSK.

Publié dans Politique

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