Entrez dans la cyber-démocratie !

Publié le par Fred

Ce qui était chouette avec Internet, c'est que je pouvais m' y faire des millions de cyber-copains. Ce qui est encore mieux, c'est que je peux maintenant y trouver des milliers de cyber-camarades. C'est donc officiel depuis hier :

L'adhésion en ligne au Parti Socialiste est ouverte !
(c'est par là)

Traditionnellement marqué par la crainte d'une "fracture numérique" qui s'ajouterais à la "fracture sociale", le PS s'est pourtant toujours montré méfiant face à un média qui réserverait l'accès à la connaissance aux plus aisés. Méfiance accrue à l'ère de "la nouvelle économie" devant l'émergence 'une nouvelle génération d'entrepreneurs médiatiques et volontiers proches d'Alain Madelin (Fabrice Grinda, Nicolas Gaume...) et le prévisible éclatement d'une bulle financière hors de toute rationnalité économique. Je ne peux donc que me réjouir devant l'évolution du PS sur cette question, et qui se manifeste singulièrement dans la position du groupe parlementaire en faveur de la licence légale. Bien sûr, cette position n'est pas unanime et fait encore débat (c'est heureux) , mais elle illustre un changement fondamental de philosophie, par l'idée que "c'est à la politique de s'adapter à l'évolution des comportements culturels", et non l'inverse. Ce n'est pas rien.

Mieux : au delà des questions de principe, nos élus commencent à saisir l'intérêt du média sur le fond et à se l'approprier. En particulier, l'interactivité qu'il propose permet de créer de nouveaux espaces de débats, notamment au niveau local (voir une liste non-exhaustive ici), mais aussi aux "grands débats de société" que la médiatisation tend à simplifier à l'extrême en les réduisant aux petites phrases et au glamour d'une classe politique "peopleisée"... Internet, c'est aussi et surtout la possibilité de toucher de nouveaux publics, en particulier les jeunes et les actifs du privé, qui font cruellement défaut aux partis politiques en général et au PS en particulier. Comme je l'ai écrit ici, le vrai problême du parti socialiste réside moins dans le nombre de ses militants que dans leur représentativité. L'adhésion en ligne, en permettant de mener ces jeunes et ces actifs vers le militantisme, doit ainsi permettre de construire un programme plus en adéquation avec les réalités du pays et donner une plus grande légitimité à notre futur(e) candidat(e).

 

Bien sûr, cela ne se fait pas sans heurt...  Il est d'ailleurs amusant de voir que ceux qui dénonçaient hier le risque de voir le parti se couper de sa base électorale, sont aujourd'hui les premiers à refuser l'entrée de ces électeurs au sein du parti et à crier à la manipulation. La simplification des mécanismes d'adhésion conduirait selon eux à faire entrer la "démocratie sondagière" dans une bergerie d'éléphants à l'équilibre aussi subtil que précaire. Il est vrai que ceux-là n'ont pour Internet qu'un intérêt récent, sans doute limité et peut-être opportuniste. Une plus grande expérience les aurait conduit à constater comme moi la forte attente des internautes envers le politique, leur appétit pour le débat et sa complexité naturelle, et leur envie de porter des idées neuves. Si vous vous reconnaissez dans cette description, n'hésitez plus : l'alternative sociale-démocrate a besoin de vous.

Publié dans Politique

Commenter cet article

Christophe 10/03/2006 18:19

Je partage ton engouement et ton avis sur la question à 100% ! ;-)